OpenAI et Anthropic pressent Washington sur l'open source
TL;DR
- Selon le New York Times, OpenAI et Anthropic exhortent en coulisses les régulateurs américains à restreindre les modèles IA open source.
- Dario Amodei a dit au Congrès que l'open source suivait « une voie très dangereuse » et l'a récemment qualifié de « red herring ».
- Nvidia, Microsoft, Meta, Hugging Face, Mistral et 20 autres ont signé la lettre « Open Weights and American AI Leadership » ; OpenAI ne l'a rejointe qu'in extremis, Anthropic et Google restent absents.
Il y a un décalage frappant entre le discours public d'OpenAI et d'Anthropic sur l'open source et ce que les deux labos plaideraient en coulisses à Washington. Selon le New York Times, les deux entreprises exhortent en privé les régulateurs à restreindre les modèles ouverts, quand Sam Altman relaie sur X une note du patron de Nvidia disant vouloir que « les États-Unis gagnent en IA à la fois en open source et en propriétaire ». Dario Amodei, lui, ne s'en cache pas : devant le Congrès, il a jugé que la mise à l'échelle de l'open source suivait « une voie très dangereuse », et l'a récemment qualifié de « red herring ».
Le débat s'est cristallisé cette semaine autour d'une lettre pro-open-weights, « Open Weights and American AI Leadership ». D'après Tom's Hardware, 25 signataires — parmi lesquels Nvidia, Microsoft, Meta, Hugging Face, Mistral, Palantir, IBM, Andreessen Horowitz, Y Combinator, Mozilla et la Linux Foundation — demandent à l'administration d'éviter des « restrictions prématurées sur les modèles IA téléchargeables ». Anthropic et Google n'ont pas signé ; OpenAI n'a rejoint la liste que le vendredi soir, après que son absence eut été largement remarquée.
L'accélérateur, rapporté par Axios, est chinois. Kimi K3, de Moonshot AI, aurait battu Fable 5 (Anthropic) et GPT-5.6 Sol (OpenAI) sur des tests aveugles de codage front-end, et Moonshot prévoit de publier ses poids le 27 juillet. En parallèle, OpenAI met en garde contre la « distillation » de ses modèles, un procédé que la représentante américaine au commerce Jamieson Greer assimile à du vol de propriété intellectuelle lorsqu'il vient de firmes chinoises. Amodei insiste, lui, sur le fait qu'une fois les poids publiés, on ne peut plus révoquer d'accès ni patcher les garde-fous.
Le caveat honnête : le NYT décrit un lobbying en coulisses, pas un projet de loi arrêté. On ne sait pas la forme exacte que prendraient d'éventuelles restrictions — sanctions IP, contrôles à l'export, interdiction de téléchargement de modèles chinois — ni si le pivot tardif d'OpenAI marque une vraie divergence stratégique avec Anthropic. Pour les équipes qui bâtissent aujourd'hui sur des poids ouverts, la fenêtre reste ouverte, mais le camp qui pousse à fermer le robinet vient de gagner en visibilité, et un super PAC de 100 millions de dollars, « Leading the Future », soutenu par le président d'OpenAI Greg Brockman et Andreessen Horowitz, commence à financer des candidats en vue des midterms 2026.
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Article original publié par nytimes.com
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