Oracle encaisse sa pire semaine boursière depuis la bulle dot-com
TL;DR
- L'action Oracle a chuté de 19% sur la semaine, sa pire performance hebdomadaire depuis août 2001.
- Les capex 2026 ont atteint 55,7 milliards de dollars, creusant le flux de trésorerie libre à -23,7 milliards.
- Oracle prévoit 90 à 95 milliards de capex en 2027 et compte lever 40 milliards supplémentaires via dette et émission d'actions.
Une baisse de 19% en une semaine, la pire depuis la chute du Nasdaq en 2001 : selon CNBC, Oracle vient d'encaisser sa pire performance hebdomadaire en vingt-cinq ans, alors que les investisseurs s'interrogent sur la soutenabilité financière de son pari sur l'intelligence artificielle. Ce n'est pas tant la stratégie qui est questionnée que la capacité à la financer.
La mécanique est simple à lire. Les dépenses d'investissement d'Oracle pour l'exercice 2026 ont atteint 55,7 milliards de dollars, au-dessus de l'objectif annoncé de 50 milliards, entraînant un flux de trésorerie libre négatif de 23,7 milliards de dollars. C'est un gouffre saisissant comparé au déficit de 394 millions de l'exercice précédent. Pour 2027, la direction prévoit entre 90 et 95 milliards de capex et envisage de lever 40 milliards supplémentaires via de la dette et une émission d'actions, dont une cession de 20 milliards de titres.
Derrière ces chiffres se profile une concentration sur OpenAI. Près de la moitié des obligations de performance restantes d'Oracle, c'est-à-dire les revenus contractuellement engagés mais pas encore comptabilisés, seraient liées à des contrats avec OpenAI. L'entreprise a aussi sécurisé d'importants contrats de centres de données avec Meta. Le problème structurel est là : Oracle ne dispose pas des flux de trésorerie récurrents des grands hyperscalers pour autofinancer cette expansion, et doit emprunter massivement au moment même où son activité logicielle traditionnelle subit la pression des outils d'IA qu'elle contribue à alimenter.
Ce que les reportages ne précisent pas, c'est si OpenAI est en mesure d'honorer l'intégralité de ses engagements contractuels, ni comment les marchés obligataires absorberont une nouvelle émission de 40 milliards. Plus largement, l'ETF sectoriel IGV, qui suit les valeurs logicielles tech, a perdu 16% depuis le début de 2026, tandis qu'Oracle a reculé de 24%, signe que la pression dépasse les seules craintes spécifiques à l'entreprise.
Si le pari tient et que la demande en infrastructure IA reste soutenue, les contrats conclus avec OpenAI et Meta pourraient générer des revenus cloud récurrents sur plusieurs années. Mais la question centrale pour les observateurs n'est pas de savoir si l'IA représente une opportunité : c'est de savoir si Oracle peut se financer assez longtemps pour que cette opportunité se matérialise.
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Article original publié par cnbc.com
Lire l'article original →Titre original : Oracle enregistre sa pire semaine boursière depuis l'éclatement de la bulle dot-com — 130 Md$ de dette, craintes sur les paris IA