forbes.com détecté sur le web

Peter Thiel: Léon XIV « travaille pour les communistes chinois »

TL;DR

  • Sur scène à l'Aspen Ideas Festival, Peter Thiel accuse le pape Léon XIV d'être un « agent communiste chinois » involontaire à cause de sa position sur l'IA.
  • L'encyclique « Magnifica Humanitas » de mai 2026 déclare que l'intelligence artificielle « doit être désarmée » et réclame une régulation internationale plus poussée.
  • Selon Thiel, la Chine ne suivra pas le Vatican : l'appel ne ralentirait donc qu'un seul camp dans la « course entre les États-Unis et la Chine ».

Sur la scène de l'Aspen Ideas Festival, Peter Thiel a qualifié le pape Léon XIV, premier pape américain, d'« agent communiste chinois » involontaire, au motif que son premier texte magistériel appelle à encadrer l'intelligence artificielle. La salle a répondu par des rires, selon le récit de Forbes, qui reprend la couverture initiale du panneau non enregistré tenu avec le politologue Francis Fukuyama.

L'objet de la charge, c'est l'encyclique « Magnifica Humanitas », publiée en mai. Le pape y écrit que l'IA « doit être désarmée » et appelle à une régulation internationale plus poussée. La logique de Thiel est simple : un tel message peut infléchir certains Américains, mais ne sera pas écouté à Pékin, donc il ne freine qu'un seul camp dans la « course entre les États-Unis et la Chine ». D'où sa conclusion, servie au public : Léon XIV « travaille pour les communistes chinois ».

C'est une phrase qui frappe, mais elle éclaire surtout un cadrage. Une partie de la Silicon Valley, dont Thiel est l'un des visages, présente régulièrement toute demande d'encadrement de l'IA comme un handicap unilatéral face à la Chine. Que la cible cette fois soit le Vatican, et non Bruxelles ou une agence fédérale, indique jusqu'où le débat s'est étendu. CNN, qui a sorti l'histoire, rappelle que Léon XIV est aussi le premier pape né aux États-Unis, ce qui donne une charge politique intérieure à la controverse.

L'honnête caveat : le panneau n'était pas enregistré, on lit des restitutions journalistiques, pas une transcription. On ne sait pas si la Maison-Blanche reprendra ce cadrage, ni comment le Saint-Siège répondra publiquement. Le texte lui-même, présenté par Vatican News, s'oppose à une course aux armements de l'IA et à son usage militaire, en parlant de logiques de domination.

Ce qui vaut d'être suivi, c'est moins la petite phrase que ce qu'elle prépare. Une institution mondiale non alignée sur la Silicon Valley entre dans le débat sur la régulation de l'IA avec un vocabulaire, « désarmer », que les ONG et une partie des régulateurs européens pourront reprendre. La bataille culturelle autour de la course à l'IA vient de gagner un acteur inattendu, et les prochains mois diront de quel côté penchent les catholiques américains.