Zuckerberg au FT : pas de bannissement des IA chinoises
TL;DR
- Zuckerberg estime qu'interdire les modèles d'IA chinois n'est pas une solution efficace et ne donnera pas d'avantage compétitif aux États-Unis.
- Meta est le seul grand labo américain à ne pas avoir signé la revue CAISI de 30 jours, contrairement à OpenAI, Anthropic, Google, xAI et Microsoft.
- Le patron de Meta accuse implicitement OpenAI et Anthropic de concentration du pouvoir via des modèles fermés et une régulation à leur avantage.
Dans de rares entretiens accordés au Financial Times et au New York Times, Mark Zuckerberg a pris ses distances avec la ligne dure de Washington sur l'IA chinoise. D'après le Financial Times, relayé par la presse américaine, le patron de Meta juge qu'interdire les modèles chinois « n'est pas une solution efficace » et ne procurera pas d'avantage compétitif durable aux États-Unis. Sa lecture : la compétition, pas la restriction réglementaire, est la vraie condition du progrès en IA.
Cette prise de parole n'est pas anodine dans le calendrier réglementaire. Depuis un décret Trump signé le 2 juin, le Center for AI Standards and Innovation (CAISI) du Département du Commerce, supervisé par le secrétaire Howard Lutnick, propose aux labos une évaluation gouvernementale allant jusqu'à 30 jours avant la sortie publique de leurs modèles. OpenAI, Anthropic, Google, xAI et Microsoft ont signé. Meta, non. Son porte-parole Francis Brennan indique que l'entreprise « partage l'objectif de l'administration » et « travaille aux détails », en espérant « signer prochainement », selon la reprise par Gizmodo.
En creux, Zuckerberg vise les concurrents fermés. Il leur reproche d'utiliser leur influence pour orienter la régulation, ce qu'il décrit comme une « concentration du pouvoir » qui étouffe l'innovation aux États-Unis. Sa thèse maison : la trajectoire globale de l'industrie « va vers davantage d'ouverture », en mettant plus de puissance technologique dans les mains d'un plus grand nombre, pas l'inverse. Sur le sujet plus prospectif de la superintelligence, il écarte l'idée d'une IA unique « amicale » alignée sur tout le monde à la fois, et parle plutôt de superintelligence « personnalisée ».
L'honnête réserve, c'est que la couverture disponible s'appuie beaucoup sur des paraphrases et peu de verbatims complets, et qu'on ne connaît pas les termes précis d'un éventuel accord Meta-CAISI ni de méthode d'évaluation. Reste que la partition est claire : d'un côté la logique d'interdiction administrative, de l'autre le pari open weight. Pour les équipes qui construisent aujourd'hui sur des modèles ouverts, chinois ou occidentaux, voir l'un des quatre plus gros acteurs américains prendre publiquement leur défense compte, indépendamment de l'issue politique du dossier.
Article original publié par ft.com
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