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The Atlantic : Rose Horowitch acte la fin de l'âge de la lecture

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TL;DR

  • Une enquête de 2025 citée par The Atlantic constate que la plupart des professeurs d'anglais du secondaire américain n'assignent que zéro à quatre livres par an.
  • Le recul de la lecture touche désormais toutes les catégories, y compris les retraités, les femmes et les diplômés du supérieur, historiquement les plus gros lecteurs.
  • Horowitch décrit Donald Trump comme le 'premier président postlittéraire' des États-Unis, produit d'une rhétorique fragmentée et taillée pour l'engagement numérique.

Un article de couverture d'un magazine généraliste sur 'la fin de l'âge de la lecture' ne serait qu'un cri d'alarme de plus si sa signataire ne suivait pas ce sujet depuis des années. Dans le numéro d'août de The Atlantic, Rose Horowitch soutient que les États-Unis sont entrés dans un monde 'postlittéraire' où de moins en moins d'adultes lisent des livres, quels qu'ils soient. C'est le prolongement adulte de son enquête virale de 2024, 'The Elite College Students Who Can't Read Books'.

Ce qui rend le constat plus difficile à balayer que les précédents, c'est son étendue démographique. Selon Horowitch, le recul traverse les tranches d'âge, les genres et les niveaux de diplôme, et touche désormais les catégories historiquement les plus fidèles, à savoir retraités, femmes et diplômés du supérieur. En parallèle, une enquête de 2025 citée par le magazine constate que la majorité des enseignants d'anglais du secondaire n'assignent plus qu'entre zéro et quatre livres par an, sous l'effet de vagues successives de réformes qui ont poussé les districts vers de courts passages plutôt que des œuvres complètes.

L'IA générative n'occupe pas toute la place dans le raisonnement, et c'est plutôt en cela qu'il faut le prendre au sérieux. Horowitch décrit un empilement: les réseaux sociaux ont fracturé l'attention, l'IA automatise désormais l'écriture, et le tout érode les capacités cognitives d'ordre supérieur, la compréhension et la synthèse. Son argument sur l'IA est symétrique et intéressant: la technologie fonctionne moins bien dans une société postlittéraire, parce qu'elle inonde le lecteur de textes médiocres tout en exigeant plus de discernement au moment même où ce discernement s'atrophie.

Le lien avec le pouvoir politique est explicite. Horowitch fait de Donald Trump le 'premier président postlittéraire' des États-Unis, produit d'une rhétorique fragmentée et hautement émotive taillée pour l'engagement numérique. Elle prévient que 'le déclin de la lecture entraînera des changements de la même ampleur' que l'avènement de la lecture, et qu'il affectera 'nos pensées les plus intimes, la politique et la culture de notre société, et la manière dont nous racontons l'histoire de notre civilisation'.

L'honnête réserve, c'est que le papier est un essai de couverture, pas un rapport quantitatif: Horowitch ne chiffre pas combien d'étudiants délèguent explicitement leur lecture à ChatGPT, ni ne démêle ce qui, dans la chute, revient à l'IA plutôt qu'aux réseaux sociaux ou aux programmes scolaires antérieurs. Ce que le texte offre en revanche, et qui compte pour quiconque conçoit des produits, forme des équipes ou édite du long, c'est un cadrage utile: la lecture longue n'est plus un présupposé du public, c'est un service premium à défendre.

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